LUCAS

Modélisation des effets indirects des changements d'utilisation des terres dans l'analyse du cycle de vie conséquentielle de la production de biogaz

Les énergies renouvelables suscitent actuellement un intérêt soutenu de la part de l’UE, au moment où les États membres redoublent d’efforts pour respecter leurs objectifs énergétiques pour 2020. L’engagement du Luxembourg en faveur d’une utilisation plus importante des biogaz pose la question de leur origine et de leurs sources de production. Le maïs requis pour produire du biogaz peut-il être cultivé localement ? Quel impact cela aurait-il sur les autres cultures et sur l’environnement ? Et si le maïs requis devait être importé, quel en serait l’impact  dans les pays qui le cultiveraient ? LUCAS veut étudier l’impact environnemental généré par la chaîne de conséquences induites par le changement d’utilisation des terres lié à la production de biogaz au Luxembourg.

Inspiration :

La stratégie européenne Énergie 2020 a pour objectif d’améliorer l’efficacité, l’infrastructure, les technologies et la sécurité énergétiques à l’échelle européenne. Dans le cadre du plan d’action national du Luxembourg, l’objectif fixé pour 2020 correspond à produire 11 % de l’énergie totale à partir de sources renouvelables – rappelons que cette proportion n’atteignait que 2,8 % en 2009. Le biogaz, produit à partir de produits agricoles tels que le maïs, constitue une source prometteuse d’énergie renouvelable. Cependant, l’utilisation de ces cultures pour produire de l’énergie peut avoir des impacts environnementaux indirects qui doivent être pris en considération. Par exemple, si un pays commence à importer un certain produit agricole, d’autres pays seront peut-être contraints d’augmenter leur production de ce produit pour répondre à la demande en déplaçant une autre culture, en augmentant la surface cultivée ou en intensifiant leur culture (en ayant recours à des engrais et des pesticides pour augmenter le rendement). Les conséquences environnementales, économiques et autres de ce changement indirect de l’utilisation des terres doivent être étudiées avant de passer au biogaz. Cependant, à ce jour, il n’existe pas au Luxembourg de modèle permettant de rendre compte de tous ces aspects de façon détaillée et exhaustive.

Innovation Tudor :

LUCAS a pour objectif de développer une méthodologie permettant d’évaluer les conséquences indirectes de l’augmentation de la consommation de biogaz au Luxembourg, en s’intéressant plus particulièrement aux conséquences induites par les changements indirects d’utilisation des terres lié à la culture de biomasse. Cette méthodologie servira ensuite à évaluer le cas spécifique de la production de biométhane à partir du maïs. Pour parvenir aux objectifs 2020, le Luxembourg devra soit produire, soit importer davantage de biomasse pour produire du biogaz. Le projet simulera les conséquences locales de l’augmentation de la culture du maïs ainsi que les conséquences à l’échelle mondiale (le cas échéant) de l’augmentation des importations de maïs. Il s’appuiera sur le développement d’un modèle économique à équilibre partiel décrivant le secteur de l’agriculture à Luxembourg. Le modèle permettra d’évaluer les changements d’utilisation des terres et la chaîne de conséquences induites. Les résultats du modèle seront utilisés dans l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) conséquentielle de la production de biogaz à partir de maïs.

Ce projet permettra par ailleurs d’attirer l’attention du grand public et des gouvernements sur la nécessité d’une étude détaillée. Les résultats intermédiaires du projet ont été présentés à Luxembourg lors workshop international « Managing Complexity in Land Use and Environmental Impacts Modelling » et à Berlin lors de la conférence scientifique internationale « 6th SETAC World Congress » en mai 2012.

Impact :

LUCAS permettra aux institutions luxembourgeoises de prendre leurs décisions en toute transparence grâce à une image précise des effets positifs et négatifs de l’augmentation de la consommation nationale de biogaz. Ce projet donne à Tudor l’opportunité d’établir des compétences innovantes en ACV conséquentielle, et de développer un modèle à équilibre partiel pour l’ACV conséquentielle unique dans son genre et susceptible d’être utilisé pour mener des études analogues dans d’autres pays et pour d’autres cultures. Enfin, ce projet permettra d’attirer l’attention à l’échelle locale sur les liens existants entre la consommation de biogaz et l’économie, l’environnement et la société.

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